MPO

“Les allégations sont non seulement rendues publiques mais coulées à certains journalistes, retrouvées dans les archives dépoussiérées des services secrets et publiées par mégarde pendant une semaine sur le site de la Cour fédérale”

 

Cela fait cinq ans que je lutte inlassablement, réclamant un procès juste et équitable selon les principes de la justice fondamentale et niant les allégations des services secrets canadiens. Or, à défaut d’un procès public, ce qu’on m’offre depuis le 23 février 2007, date à laquelle la Cour Suprême du Canada avait déclaré à l’unanimité les certificats de sécurité inconstitutionnels, c’est un procès sur la place publique, une campagne de diffamation. Dernier épisode en la matière : des allégations farfelues, ridicules, signées par un pseudonyme dans un forum de discussion sur le net!

Et encore une fois, je dois réagir afin de nier la bêtise! J’osais espérer de certains médias un peu plus de rigueur journalistique vu le traitement injuste que j’ai pu subir depuis 2003 à cause du caractère secret de la loi et les diverses malversations des services secrets (destruction de preuves, utilisation de preuves obtenues sous la torture, obtention de fausses garanties diplomatiques…).

Procès sur la place publique

Juin 2007, un document secret du S.C.R.S. (Service canadien de renseignement de sécurité) dont l’authenticité est confirmée par une source gouvernementale est coulé à deux journalistes de La Presse et du Droit. Six mois après, le résumé d’une prétendue entrevue que j’aurais livrée au S.C.R.S. et retrouvé par enchantement par ce même service est diffusé à largeur du Canada alors que mon procès est suspendu et que la nouvelle loi des certificats de sécurité n’est pas encore entrée en vigueur! Le 23 février 2008, un an après la déclaration d’invalidité, je récolte les bénéfices de ma victoire en Cour Suprême : en se basant sur les mêmes allégations vagues et sans fournir la moindre preuve publique, les ministres de la sécurité publique et de l’immigration signent contre moi un nouveau certificat de sécurité et le jour même, le résumé d’allégations du  S.C.R.S. est publié sur le site de la Cour fédérale, sensée être indépendante et impartiale! Morale de l’histoire, dans cette parodie de justice que sont les certificats de sécurité, la preuve est secrète mais les allégations sont non seulement rendues publiques mais coulées à certains journalistes, retrouvées dans les archives dépoussiérées des services secrets et publiées par mégarde pendant une semaine sur le site de la Cour fédérale !

Et à chaque fois, je dois réagir par des conférences ou des communiqués de presse, des entrevues à ne plus en finir, réfuter les allégations, expliquer le processus injuste, la loi inconstitutionnelle, les conditions draconiennes, mon passé, le présent et de quoi sera fait l’avenir !

Manque de rigueur journalistique

Le 4 avril 2008, le journaliste Fabrice de Pierrebourg publie en grande pompe dans le Journal de Montréal des déclarations, diffamatoires à mon égard, trouvées sur Internet! Le document en question serait l’œuvre d’un prétendu imam opérant sous un pseudonyme dans un forum de discussion! Vérification faite, tout un chacun peut s’inscrire dans ce forum sous n’importe quel pseudonyme ! Après un appel à la mosquée où ce prétendu imam radical prêcherait selon M. Fabristan, on nous confirme qu’il n’y a plus d’imam sous ce pseudonyme! Désirant le poursuivre en justice pour diffamation, mon avocate communique avec le journaliste qui nous confirme ignorer le vrai nom de l’internaute radical! Donc, faisant fi de toute éthique journalistique et sans égard au code déontologique de sa profession, M. Fabristan se base sur un pseudonyme et tronque le document de tous les reproches qui lui sont destinés ainsi qu’à l’empire Québécor! Le dit-document qui était en fait la réplique délirante d’un illuminé à Montréalistan devient, par la force d’un sensationnalisme très bas, des révélations choquantes contre ma personne!

Crédibilité à géométrie variable     

Pour une fois la convergence n’ayant pas fonctionné puisque cette trouvaille surprenante n‘a guère dépassé les pages du Journal, l’un des chroniqueurs maison Martineau est revenu à la charge le 8 avril et a même attribué de la crédibilité à l’illuminé qui a signé le document trouvé sur le net. Pourtant, le lecteur le moindrement averti pourrait s’apercevoir que l’auteur de ce torchon est soit un candidat désigné pour l’asile psychiatrique, tirant sur tout ce qui bouge soit un radical crachant sa haine aussi bien sur ses coreligionnaires que sur ses concitoyens, ou  peut-être un agent perturbateur dans la lignée des Youssef Mouammar, un autre converti radical travaillant pour les services secrets. En ce qui me concerne, je suis vraiment sidéré de voir comment certains journalistes contribuent à la fabrication de clowns médiatiques au sein de la communauté musulmane du Québec!

Note: Le Journal de Montréal a refusé de publier cette lettre, la réponse de M. Charkaoui aux déclarations diffamatoires de son égard qui a été publiés dans Le Journal.

“…les crises se sont surtout multipliées autour de phénomènes visibles et spectaculaires : foulards islamiques,niqab (voile cachant le visage), burqa, minarets, auxquels il faut ajouter les expressions culturelles ou religieuses perçues comme « étrangères “

 

Comment analyser les défis et les difficultés liés à la « nouvelle visibilité des citoyens occidentaux de confession musulmane » ? Comment appréhender, lorsqu’elles ne sont pas périmées, les délicates notions de racines, d’identité, d’intégration, d’immigration et de sécurité ? Comment penser posément le fait musulman sans agiter ces outils de « politique émotionnelle » que sont aujourd’hui le foulard, le niqab ou la burqa ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Tariq Ramadan, fort d’un engagement de plus de vingt ans contre le « clash des perceptions », apporte ici des réponses franches, accessibles et dépassionnées.

Dépassant les préjugés et l’incompréhension, il appelle en particulier les musulmans d’Occident à rejeter les réflexes minoritaires et la tentation victimaire, afin d’être des citoyens engagés connaissant leurs responsabilités et leurs droits. À charge, pour les non-musulmans, de les reconnaître comme voisins et citoyens à part entière, afin d’élaborer une vision commune de l’avenir et de favoriser l’avènement d’un vrai pluralisme.

Échapper aux « ghettos » mentaux, sociaux, culturels et religieux pour accéder à une nouvelle ère de l’islam occidental : telle est l’« intime conviction » et la chance que Tariq Ramadan invite chacun à saisir, sans distinction de culture ou de foi Préambule DE LA VISIBILITÉ.

Les controverses se suivent et se ressemblent

Durant les cinq dernières années, je me suis retrouvé au centre de polémiques qui, au-delà de ma personne, révèlent la nature des problèmes qui traversent les sociétés occidentales. Force est de constater que le pluralisme politique ne garantit point la gestion raisonnable et sereine du pluralisme culturel et religieux. En France comme aux États-Unis, en Belgique, en Suisse, en Angleterre, en Italie, en Espagne, et récemment aux Pays-Bas, j’ai fait face à des controverses nationales dont le point commun était, assez clairement, la nouvelle visibilité des citoyens occidentaux de confession musulmane.

Pointes de Friction

Chaque pays a sa culture, sa sensibilité propre, ses « pointes de friction », et, ce faisant, sa liste spécifiquement ordonnée de contentieux à régler avec l’islam et les musulmans. Le « foulard islamique » vient en tête en France ou en Belgique, les questions liées à l’homosexualité et aux moeurs aux Pays-Bas, les minarets en Suisse, etc. La violence, la femme, la « sharî’a » (charia) sont, entre autres, des thèmes qui reviennent partout et toujours : l’islam fait question. Le point commun de tous ces débats tient à l’installation de générations successives de musulmanes et de musulmans, devenus citoyennes et citoyens de leur pays respectif. Installés, ils sortent de leur isolement géographique, de leurs ghettos sociaux, ou de leur marginalité sociopolitique. Ils sont désormais visibles, comme le relevait, il y a des années déjà, la sociologue Nilüfer Göle. Leur visibilité marque et prouve leur décloisonnement : il ne s’agit pas d’une nouvelle « communauté religieuse ou culturelle » qui s’installe, mais plutôt de l’émancipation d’une ancienne catégorie socioéconomique (doublée d’une appartenance majoritaire à une même origine culturelle et religieuse) qui avait été doublement marginalisée, géographiquement et socialement.

Au gré des controverses et des crises, des peurs s’alimentent et des perceptions se façonnent et s’entretiennent. La crainte, la méfiance et le soupçon s’installent et tous les débats sur la culture et la religion se transforment en polémiques nationales, polémiques qui se caractérisent par des crispations et des surdités inquiétantes. Les médias rapportent les faits, les réactions s’amplifient, les politiciens réagissent à (ou parfois instrumentalisent) la controverse, et nous voilà embarqués dans des dynamiques incontrôlables. Des positionnements se dessinent, une sorte de clivage qui traverse tous les partis politiques, de gauche comme de droite, ainsi que les populations des sociétés occidentales.

Clash des Perceptions

Alors que l’on parlait hier d’un éventuel « clash des civilisations », j’ai défendu très tôt l’idée d’un « clash des perceptions » : un conflit d’images projetées sur soi et sur autrui, mêlant des doutes (quant à soi), des peurs (quant à autrui), des préjugés, ou simplement de l’ignorance (vis-à-vis de soi et d’autrui). On y trouve aussi parfois des positions idéologiques et politiques peu claires. Dans la nébuleuse des propos tenus, face à la visibilité de cet « autre », les débats récurrents sur « l’identité » deviennent dangereux et produisent exactement le contraire de ce que l’on pourrait espérer. À l’heure des crispations, nos identités deviennent négatives et se forment par distinction (crispation ou rejet) de ce que l’on croit être l’identité de « l’autre ». Il s’agit ainsi d’une « identité soustraite », cloisonnée et rigide, alors que nous aurions tant besoin d’accéder au sens d’une identité multiple, ouverte et en constant mouvement. Dans la proximité, la présence d’autrui perturbe et gêne.

C’est la raison pour laquelle les crises se sont surtout multipliées autour de phénomènes visibles et spectaculaires : foulards islamiques,niqab (voile cachant le visage), burqa, minarets, auxquels il faut ajouter les expressions culturelles ou religieuses perçues comme « étrangères », c’est-à-dire différentes, inhabituelles ou trop « visibles » car pas encore « normalisées » (voire « neutralisées », au sens de rendues « neutres » dans l’espace public). La violence a bien sûr été un facteur majeur d’amplification, avec le rejet d’assassinats aveugles perpétrés contre des innocents au nom de la religion musulmane. Tous ces phénomènes cumulés expliquent la situation présente, et la « nouvelle visibilité » des musulmans continue de provoquer son lot de crises cycliques. Gardons en tête que cette « nouvelle visibilité » est par nature une situation historique transitoire puisque ce qui est nouveau sera un jour ancien. Nous voici revenus au temps de la dangereuse « politique émotionnelle ». L’autre nom de cette politique qui joue de l’émotion est « le populisme », et aucune société contemporaine n’en est définitivement protégée. Les anciens racismes peuvent encore habiter notre avenir. Le livre sera disponible officiellement le 29 septembre et exceptionnellement en vente dans les librairies musulmanes pendant le mois de Ramadan Livre publié aux Presses du Châtelet, ISBN 978-2-84592-290-7 Prix : 17.95€ TTC

“Lorsque vous perdez contact avec votre immobilité intérieure, vous perdez contact avec vous-mêmes. Lorsque vous perdez contact avec vous-mêmes, vous vous perdez à l’intérieur du monde”

 

 L’immobilité est l’essence de votre nature. Qu’est-ce que l’immobilité? C’est l’espace intérieur ou l’endroit dans la conscience où les mots sur cette page sont perçus et deviennent des pensées. Sans cette conscience, il n’y aurait ni perception, ni pensée, ni monde.

Vous êtes cette conscience sous la forme d’une personne. Lorsque vous perdez contact avec votre immobilité intérieure, vous perdez contact avec vous-mêmes. Lorsque vous perdez contact avec vous-mêmes, vous vous perdez à l’intérieur du monde. La perception profonde de votre moi, de qui vous êtes, est intimement liée à l’immobilité. C’est le Je Suis encore davantage que le nom et l’apparence. L’équivalent du bruit extérieur est le bruit intérieur de la pensée. L’équivalent du silence extérieur est l’immobilité intérieure.

Quand il y a du silence autour de vous, écoutez-le. C’est-à-dire, prenez-en simplement conscience. Portez-y attention. Écouter le silence éveille la dimension d’immobilité en vous, car c’est seulement dans l’immobilité que vous pouvez prendre conscience du silence. Remarquez qu’au moment où vous prenez conscience du silence autour de vous, vous n’êtes pas en train de penser. Vous êtes conscient, mais vous ne pensez pas.

Lorsque vous prenez conscience du silence, s’installe immédiatement un état intérieur d’alerte immobile. Vous êtes présent. Vous vous êtes libéré de millions d’années de conditionnement humain collectif.

Regardez un arbre, une fleur, une plante. Prenez-en conscience; comme ils sont immobiles, comme ils sont enracinés profondément dans l’Être. Laissez la nature vous enseigner l’immobilité. Lorsque vous observez un arbre et que vous percevez son immobilité, vous devenez immobile vous-mêmes. Vous communiquez avec lui à un niveau très profond. Vous sentez une unité avec tout ce que vous percevez lorsque vous êtes en état d’immobilité. Sentir que vous faites un avec tout ce qui vous entoure, c’est ça l’amour véritable.

Le silence facilite les choses, mais vous n’en avez pas besoin pour être immobile. Même en présence du bruit, vous pouvez prendre conscience de l’immobilité derrière le bruit, de l’espace d’où origine ce bruit. C’est l’espace intérieur de la conscience pure, la conscience même.

En toile de fond de toute perception sensorielle, de toute pensée, il est possible de devenir conscient de la conscience. Devenir conscient de la conscience, c’est la naissance de l’immobilité intérieure. N’importe quel bruit distrayant peut s’avérer aussi utile que le silence.

Comment? En laissant tomber votre résistance intérieure au bruit, en le laissant être ce qu’il est, cette acceptation vous amène également au royaume de cette paix intérieure qu’est l’immobilité.

Chaque fois que vous acceptez profondément le moment tel qu’il est, peu importe sa forme, vous êtes immobiles, vous êtes en paix. Portez attention à l’intervalle : l’intervalle entre deux pensées, le silence bref entre les mots d’une conversation, entre les notes d’un piano ou d’une flûte, ou l’intervalle entre une inspiration et une expiration.

Lorsque vous portez attention à ces intervalles, la conscience de « quelque chose » se manifeste, juste la conscience. La dimension sans forme de la conscience pure s’éveille en vous et elle vient remplacer l’identification à la forme. La véritable intelligence opère silencieusement. L’immobilité est l’endroit d’où émergent la créativité et les solutions aux problèmes. Est-ce que l’immobilité est seulement l’absence de bruit et de contenu? Non, c’est l’intelligence elle-même; la conscience profonde d’où origine toute forme. Et comment pourrait-elle être différente de qui vous êtes? La forme que vous pensez incarner en est issue et elle est nourrie par elle.

C’est l’essence de toutes les galaxies et de tous les brins d’herbe; de toutes les fleurs, les arbres, les oiseaux, de toute forme. L’immobilité est la seule chose, dans ce monde, qui n’a pas de forme. En fait, ça n’est pas vraiment une chose, et elle n’appartient pas à ce monde.

Lorsque vous regardez, en état d’immobilité, un arbre ou une personne, qui est-ce qui regarde? C’est quelque chose de plus profond que votre personne. C’est la conscience qui regarde sa création. Dans la Bible, il est écrit que Dieu créa le monde et vit que cela était bon. Et c’est ce que vous voyez lorsque vous regardez à partir de l’immobilité, sans pensée.

Avons-nous besoin de plus de connaissances? Qu’est-ce qui va sauver le monde? Plus d’information, des ordinateurs plus puissants, davantage d’analyses scientifiques ou intellectuelles? Est-ce que l’humanité aujourd’hui n’a pas surtout besoin de sagesse? Mais qu’est-ce que la sagesse et où peut-on la trouver? La sagesse découle de la capacité à être immobile. Seulement regarder et seulement écouter. Rien d’autre. Être immobile, regarder et écouter active l’intelligence non-conceptuelle en vous. Laissez l’immobilité inspirer vos paroles et vos actions.

 Traduit par Suzanne Touchette

« Plutôt que de citer des sources anonymes dans les médias, ouvrons un dialogue, et pas seulement avec ceux dont nous partageons la culture, le pays d’origine ou la langue, mais faisons-le dans un esprit de fraternité, d’amour et de compassion »

Il y a quelques temps, j’assistais au séminaire Citoyenneté, identité et appartenance dont le conférencier invité était Tariq Ramadan. J’y ai remarqué un homme qui prenait beaucoup de notes, puis, j’ai réalisé qu’il s’agissait du nouvel imam de la mosquée principale, Imam Khalid Abdul-Hamid Syed.

Je me suis dit : c’est bien, ça. C’était un vendredi peu avant la livraison de son sermon et il avait pris le temps de venir.

De toute évidence, cet imam est très proactif, il s’engage auprès de la communauté et des jeunes, et il est à l’écoute des femmes – une denrée rare et précieuse dans cette communauté.

Ses sermons sont touchants et il les fait presqu’entièrement en anglais.

C’est avec surprise que peu après ce séminaire j’ai vu en gros plan et en page couverture du Ottawa Citizen, la photo de l’imam.

Apparemment, une jeune personne avait envoyé un courriel au journal pour se plaindre de l’imam.

Il est vite apparu, avec la publication subséquente d’articles, que le Citizen tentait de tirer tout ce qu’il pouvait de cette histoire et qu’il n’était pas seulement question du besoin d’un imam né et formé ici.

La véritable primeur, ici, concernait la mosquée en tant qu’institution, la dynamique régissant sa politique interne, le manque de transparence dans les prises de décisions et les querelles de personnalité.

Malheureusement, le nouvel imam se retrouvait pris entre deux feux et pas du tout préparé pour faire face aux politiques internes et à la mesquinerie qui réussit parfois à s’infiltrer dans les institutions religieuses. En un mot, toute cette affaire ne sied pas à une organisation religieuse.

Les médias

Il serait tentant de faire porter tout le blâme de cette polémique au Ottawa Citizen. Ils ont, effectivement, la responsabilité fondamentale de vérifier adéquatement leurs sources. Plusieurs personnes ont confirmé la rumeur selon laquelle la « Sarah Ahmed », auteur du courriel à l’origine de cette histoire, n’est pas une « jeune musulmane », mais plutôt un membre de l’administration de la mosquée qui dissimule son identité.

Le quotidien était au courant de ce fait, mais il ne l’a jamais divulgué.

S’il l’avait fait, on aurait vu l’histoire dans son contexte et ça aurait été plus équitable. Il aurait sauvegardé son intégrité journalistique.

Malheureusement, cette omission voulue continuera d’appuyer la perception qu’ont les gens à propos du Citizen, c’est-à-dire que c’est un journal qui a un parti pris à l’égard des musulmans dont il aime amplifier les histoires controversées parce que c’est vendeur, particulièrement dans une passe économique difficile qui touche aussi Canwest News. 

L’institution

L’imam a dû mettre les bouchées doubles dès son arrivée à Ottawa. Il devait se familiariser avec une culture complètement nouvelle, travailler à l’amélioration de son anglais, et se dépêcher de comprendre les diverses factions à l’œuvre à l’intérieur de Conseil d’administration (CA) de la mosquée et au sein de la communauté.

Normalement, le CA aurait dû faire office de mentor et de conseiller envers l’imam nouvellement arrivé.

Au lieu de cela, l’imam s’est retrouvé dans un environnement qui lui était complètement étranger et harcelé en même temps par les médias – un exemple classique d’une campagne de détraction  dans laquelle l’imam s’est trouvé à faire les frais d’une guerre entre les diverses factions à l’intérieur de la mosquée.

Imam Khalid est un des seuls à être sorti sans tache de cette histoire.

Se plaçant, pour traverser cette crise,  sous la protection de son Créateur et de sa foi, il a été un modèle de patience, de courage et de pardon : un vibrant exemple à l’intention de la communauté sur la façon de se comporter en situation de contrainte.

Au milieu de tout cela, il a continué de faire ce pour quoi il a été envoyé ici : servir la communauté d’Ottawa et, par cette occasion, démontrer qu’il était destiné à être notre imam.

Maintenant que la poussière est retombée, il est temps pour notre communauté de réfléchir à ce qui s’est passé.

Nous partageons tous la responsabilité de former une communauté paisible, harmonieuse et juste.  

Plutôt que de citer des sources anonymes dans les médias, ouvrons un dialogue, et pas seulement avec ceux dont nous partageons la culture, le pays d’origine ou la langue, mais faisons-le dans un esprit de fraternité, d’amour et de compassion.

C’est le moins que nous puissions faire pour notre chère mosquée, pour notre imam, pour notre communauté et pour nous-mêmes.

Œuvre  intitulée « Le Ottawa Citizen manque le bateau »

Traduit par Suzanne Touchette

Nos remerciements