18 juin-”Muslim is beautiful” Une video d’expression libre
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Muslim is beautiful, c’est 1 minute d’humour et d’ironie sur les clichés autour de l’Islam et des maghrébins de France. A consommer de préférence au deuxième degré…
Un grand merci à Muslim Student Association
17 juin-”Quelques réactions au discours d’Obama au Caire” Par Alain Gresh
17 Jun | Filed Under International, Moyen Orient, Obama, Opinion, Palestine | Leave a Comment
Incontestablement, le discours du président Barack Obama prononcé le 4 juin au Caire est important. Sa signification réelle, nous la mesurerons dans les prochains mois. Je voudrais ici simplement reprendre quelques réactions et analyses, qui vont de l’enthousiasme au scepticisme, de divers commentateurs et responsables arabes, israéliens et occidentaux. On trouvera le texte intégral du discours en français sur le site de La Paix maintenant.
Daniel Levy, sur son blog (projet conjoint de la New American Foundation et de The Century Foundation) fait dix remarques à chaud sur le discours, « 10 Comments on Obama in Cairo – Still Accumulating, Not Expending Capital ». Il fait dix commentaires dont je retiens les suivants (dans son introduction, Daniel Levy remarque que le président n’a pas prononcé le mot de terrorisme) :
- le discours marque l’acceptation du dialogue avec l’islam politique ; il trace une ligne de démarcation claire entre Al-Qaida et d’autres mouvements politiques, notamment le Hamas dont il affirme qu’il a un rôle à jouer dans l’avenir de la Palestine ;
- même si le discours est important, rien n’a été défini en termes d’analyse concrète ;
le président a reconnu l’implication des Etats-Unis dans le coup d’Etat de 1953 en Iran (même s’il n’a pas présenté d’excuses) et il a affirmé le droit de l’Iran a l’énergie nucléaire pacifique ;
- il n’a eu aucun mot positif sur le président Moubarak et il a maintenu l’importance du droit des peuples à choisir librement leur gouvernement.
Le journaliste britannique Robert Fisk, qui avait publié le 2 juin un article très négatif sur le discours à venir du président dans le quotidien The independent (« Most Arabs know this speech will make little difference) », semble infléchir sa position le 5 juin dans son texte « Words that could heal wounds of centuries » :
« En l’écoutant, on se dit : Obama ne mentionne pas l’Irak, et ensuite il le fait (“une guerre choisie… nos troupes combattantes partiront”). On se dit il ne mentionne pas l’Afghanistan, et ensuite il le mentionne. » Bien sûr, le président américain omet plusieurs points, l’arme nucléaire israélienne ou la guerre israélienne contre Gaza. Et Robert Fisk de conclure :
« Un type intelligent, cet Obama. Ce n’était ni Gettysburg, ni Churchill, mais pas mal quand même. On peut seulement se rappeler les observations de Churchill, “les mots sont faciles et nombreux, les grandes actions sont difficiles et rares.”
Le 4 juin, la télévision du Hezbollah, Al-Manar, faisait les commentaires suivants :
« Le discours d’Obama à partir du Caire était plein de signes culturels qui doivent être compris dans le contexte de la défense de son pays. Il a affirmé que son pays donnait le droit aux musulmans de construire leurs mosquées, mais il n’a pas parlé des lois contre le terrorisme qui les ont visé plus que d’autres ces dernières années.
Obama a reconnu la contribution de la culture musulmane à la renaissance occidentale. Il a aussi mis en lumière la contribution des pays musulmans qui sont réconciliés avec l’Amérique mais n’a rien dit des contributions et de la prospérité des pays opposés à l’Amérique.
(…) Il est vrai que le président américain a mentionné la Palestine par son nom, mais il a réduit les droits historiques (des Palestiniens) à la feuille de route qui est une impasse adoptée du temps d’Ariel Sharon. Tout en demandant aux Palestiniens d’abandonner leur résistance à l’occupation, il a blâmé légèrement Israël pour la continuation de sa politique de colonisation et pour la crise à Gaza et en Cisjordanie. »
En conclusion, le rapport précise : « Sur le dossier iranien, Obama a abordé l’histoire mouvementée et tendue des relations entre les deux pays. Il n’a cependant pas fait plus que reconnaître le droit de l’Iran à produire de l’énergie nucléaire pacifique, disant que le pays doit se soumettre à l’ensemble du traité de non prolifération. »
L’ayatollah Ahmad Jannati, le secrétaire général du Conseil des gardiens iraniens, a déclaré lors d’un sermon le 5 juin : « Obama donne certains feux verts et nous espérons que les Etats-Unis reviendront graduellement à la raison, écouteront et répondront à ce que nous disons.
Il a dit qu’il reconnaissait que les Américains avaient renversé un gouvernement démocratiquement élu (en 1953). Il a aussi dit que l’Iran avait commis des actes tels que les prises d’otages. Le résultat de ce qu’il disait était que le passé devait être oublié et que les deux pays devaient devenir plus proches. (…) Il a aussi dit qu’il n’y avait pas de pré-conditions au dialogue (…) Et il a reconnu que l’Iran avait droit à l’énergie nucléaire pacifique, ce qu’ils avaient refusé de dire pendant plusieurs années. Obama a aussi fait référence à la peur que l’Iran développe des armes nucléaires, alors que nous avons dit et répété que nous ne cherchions pas à posséder cette arme. »
Helena Cobban, dont on connaît le blog « Just World News », était à Damas le jour du discours et elle a inteviewé Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Hamas (« US-MIDEAST : Hamas Leader to Obama : Deeds, Not Words »).
Mechaal : « Le discours était intelligemment écrit pour s’adresser au monde musulman et dans la manière dont il a montré du respect pour l’héritage musulman. Mais je pense que ce n’est pas suffisant. Ce dont on a besoin, ce sont des actes, des actes sur le terrain, un changement de politique.
(…) Pourquoi Obama est prêt à dialogue avec l’Iran sans conditions préalables, et pas avec nous. Obama utilise des mots nouveaux en partie différents de ce que nous avons entendu chez Bush, mais en aucun cas nous n’acceptons de préconditions. »
Le dirigeant du Hamas a affirmé qu’il était prêt à prendre un café avec George Mitchell, l’envoyé du président Obama qui doit se rendre dans la région ces jours-ci. Il a rappelé que Mitchell qui avait contribué à la paix en Irlande du Nord devait agir comme il l’avait fait là-bas, parler avec tout le monde, sans conditions préalables.
Enfin, un petit rappel historique, le discours que le président William Clinton avait prononcé à Gaza, le 14 décembre 1998, « Remarks by the president to the members of the palestinian national council and other palestinian organizations ». Le président américain y disait déjà aux Palestiniens : « Je connais les souffrances terribles qui ont résulté de la violence, de la séparation des familles, de la restriction dans la circulation des personnes et des biens. Je comprends votre préoccupation devant la colonisation, la confiscation des terres et la démolition des maisons. » Dix ans plus tard, les mêmes problèmes demeurent…
Alstom et le tramway de Jérusalem
Il apparaît désormais plus clairement que les campagnes sur le désinvestissement et les sanctions contre les sociétés qui travaillent dans les territoires occupés avance. Sur LeMonde.fr, en date du 4 juin, « Veolia, futur exploitant du controversé tramway de Jérusalem, paie son implication », Benjamin Barthe écrit que, impliqués dans la construction du tramway de Jérusalem, Alstom et Veolia sont la cible d’une campagne de boycottage qui « prend de l’ampleur, sous l’impulsion d’une coalition de mouvements propalestiniens. Veolia, qui est aussi impliquée en Cisjordanie dans l’exploitation d’une ligne de bus et d’une décharge à ordures – deux investissements qui profitent aux colonies juives –, est devenue la tête de Turc des activistes, qui ont lancé le mot d’ordre “Derail Veolia” (“Faisons dérailler Veolia”). En début d’année, la multinationale française a perdu la gestion du métro de Stockholm, en Suède, un juteux contrat de 1,9 milliard d’euros, qu’elle détenait jusque-là. Même si les élus assurent que leur décision est le produit de considérations commerciales, le travail de lobbying de l’ONG suédoise Diakonia a indéniablement pesé ».
Dans le quotidien de Dubaï en anglais (Gulf News) du 30 mai, Abbas Al Lawati publie un article intitulé « Palestine urges withdrawal of rail contract ».
Il y révèle que les Palestiniens auraient intensifié leurs efforts auprès de l’Arabie saoudite qui a plusieurs contrats en négociation avec Alstom, pour que ce pays fasse pression sur la société française. Interrogé par nos soins, un porte-parole d’Alstom s’est refusé à tout commentaire officiel, se bornant à expliquer, « à titre personnel », que les difficultés rencontrées tenaient à des divisions dans la famille régnante à Riyad et pas à la solidarité avec la Palestine, sous-entendu sans doute, que des membres de cette famille n’étaient pas satisfaits des commissions reçues ?
Marwan Barghouti, l’UMP et le rabbin.
Le dirigeant emprisonné du Fatah, Marwan Barghouti a été nommé citoyen d’honneur d’Ivry, le 28 mai, par le maire communiste Pierre Gosnat, en présence de son épouse Fadwa, de la représentante de la Palestine en France, Hind Khoury, de Gisèle Halimi et Daniel Voguet, deux des avocats de Barghouti, et de Jean-Claude Lefort, député honoraire d’Ivry. Considéré comme un des responsables les plus populaires du Fatah, et l’une des personnalités d’avenir, Barghouti a été condamné à la prison à vie par les autorités israéliennes. Cette décision du conseil a été votée par les communistes, les socialistes, les Verts et les élus 100 % à gauche. Comme l’explique le compte-rendu, seules quatre personnes ont voté contre, « le groupe des élus de droite, centristes et radicaux, dont le président Bruno Castelnau est intervenu, sans autre commentaire, en lisant un communiqué du rabbin de la communauté israélite d’Ivry, manifestant l’inquiétude face à la “décision d’honorer un criminel”. ». Au-delà du vote lui-même, que la droite se contente, comme seule prise de position, de lire un communiqué du rabbin d’Ivry, en dit long sur ceux qui cherchent à importer le conflit en France et à identifier, stupidement, les juifs français à l’Etat d’Israël.
10 juin-”Un autre point du vue : enterrement et funérailles” avec Abdourahman Kahin sur TFO
10 Jun | Filed Under Uncategorized | Leave a Comment

Des intervenants des milieux ethnoculturels abordent les différentes perceptions de la mort selon les cultures et les religions.
Nos invités Louis-Marie Achille, originaire d’Haïti, Abdourahman Kahin, originaire du Djibouti et membre de présence musulmane, Laura Nyota, originaire de la République démocratique du Congo nous parlent de la façon dont ils s’adaptent et rendent hommage à leurs êtres chers au Canada.
Pour améliorer la qualité du visionnement, nous vous suggérons l’utilisation du plugiciel Silverlight.
TFO, la télévision éducative et culturelle de l’Ontario français (Canada), est un chef de file mondial en matière d’éducation.
4 juin-”Obama et les musulmans-Les attentes de son discours”par Tariq Ramadan
4 Jun | Filed Under International, Le monde musulman, Moyen Orient, Obama, Opinion | Leave a Comment
Les relations entres les Etats-Unis et les musulmans se sont tellement détériorées après huit années d’administration Bush que le monde entier se demande désormais : qu’est-ce que Barack Obama va bien pouvoir dire aux musulmans ? Que devrait-il dire afin de restaurer la confiance. Il serait peut-être bon préalablement d’analyser les causes majeures de la profonde méfiance que nous observons aujourd’hui non seulement dans les pays majoritairement musulmans mais également parmi les musulmans africains, asiatiques et occidentaux. Pendant des décennies, et particulièrement depuis le 11 septembre 2001, les musulmans à travers le monde reçoivent des messages perturbants de la part des Etats-Unis tant dans leur contenu que dans leur forme.
3 juin-”Nos chefs religieux-un sujet de tourmente” par Muneeb Nasir
3 Jun | Filed Under Opinion | Leave a Comment

Dans une étude récente qu’il a menée pour le compte de l’Institut de recherche en politiques publiques, Karim H. Karim a trouvé que les musulmans vivant au Canada et ailleurs en occident « recherchent des dirigeants religieux qui peuvent, par leur savoir et par leur vision, les guider sur leur chemin spirituel et dans leur quotidien. Ils attendent de leur imam non seulement une connaissance intellectuelle des sources islamiques, mais aussi une juste appréciation du contexte occidental dans lequel ils se trouvent. » Dernièrement, l’association des musulmans d’Ottawa, une congrégation attachée à la mosquée principale, s’est retrouvé au cœur d’un débat semblable lorsqu’elle a dû choisir un nouvel imam.
Des groupes de la communauté critiquent le choix de faire venir un imam de l’Université Al Azhar d’Égypte. On lui reproche ses capacités limitées de communication, son inexpérience et son absence de familiarité du contexte social canadien.
Le débat s’est retrouvé dans la presse locale et a même fait l’objet d’un éditorial du Ottawa Citizen qui conclut que l’absence de dirigeants religieux possédant à la fois la connaissance de l’islam et du contexte canadien se trouve au cœur du conflit que vit la communauté.
« Alors que la discussion se poursuit, elle a déjà apporté des bénéfices en mettant en lumière l’absence d’imams éduqués en occident. Il semble qu’il y ait trop peu d’imams qui ont la capacité de faire le pont entre l’islam des savants et la société occidentale; du moins à la satisfaction du musulman moyen qui vit dans des pays tel le Canada. Les non musulmans devraient également être préoccupés par la difficulté qu’éprouvent les dirigeants islamiques à communiquer avec les occidentaux ou à les comprendre. »
Les attentes envers les imams sont énormes et elles leur imposent un fardeau déraisonnable étant donné qu’ils n’ont pas reçu la formation nécessaire pour faire face à une société complexe et à une communauté de provenance diverse.
L’étude de Karim Karim a révélé que « les nouvelles attentes des adeptes envers leurs imams sont la conséquence, non seulement des circonstance amenées par l’émigration et la modernité, mais également par les avancées dans l’éducation et les technologies, ainsi que par la mondialisation. »
Certains participants à l’étude sont même allés jusqu’à critiquer la capacité intellectuelle de « leurs imams » à faire face aux problèmes contemporains, et plusieurs étaient frustrés par l’absence d’un « islam intellectuel » tristement compensé par des sermons émotifs détachés de la réalité. Ces plaintes ont donné lieu à des propositions et à des actions en vue de former des imams locaux dans des collèges et des universités, ou en mettant sur pied des séminaires musulmans.
Bien que nous ayons besoin de ce type d’enseignement et de formation au Canada, je propose, étant donné l’urgence des besoins et la complexité de la vie actuelle, la mise sur pied d’un système d’encadrement religieux qui inclurait des personnes aux capacités diversifiées afin de répondre aux besoins de la mosquée; que ce soit livrer les sermons du vendredi ou prodiguer des conseils d’ordre religieux aux membres de la communauté. La direction religieuse de la mosquée devrait être élargie de façon à inclure des prêcheurs locaux qui auraient pour fonction d’aider l’imam de formation traditionnelle dans la rédaction de ses sermons, l’aidant ainsi à surmonter ses difficultés à établir des ponts entre la connaissance de l’islam et la société canadienne.
Ces prêcheurs bénévoles auraient une formation professionnelle et seraient familiers avec le service communautaire, en plus de posséder une bonne connaissance des fondements de la religion. Ils auraient le talent de l’imam pour livrer un sermon selon les règles, mais ils auraient également une compréhension certaine des objectifs universels de l’islam, de ses principes et de ses valeurs.
On s’attendrait à ce que ces prêcheurs puissent apprécier adéquatement le contexte canadien, qu’ils fassent preuve de compétences intellectuelles et culturelles, qu’ils s’impliquent concrètement, qu’ils aient la capacité de préparer et de livrer des sermons sur des problèmes contemporains, et qu’ils soient en mesure de proposer des points de vue touchant la morale et l’éthique dans un anglais bien maîtrisé et actuel.
Dans une mesure très limitée, cet aménagement existe dans certains centres (par défaut), où les imams se succèdent sur le mode de rotation. Certains d’entre eux ont acquis, à travers leur profession ou le service communautaire, les habilités et les compétences énumérées plus haut.
Cette démarche ne vise aucunement à miner le rôle de l’imam en tant que source de connaissance des textes et de direction en ce qui concerne les aspects immuables de l’islam (tels les piliers de la foi et les actes d’adoration), mais plutôt à faire prendre conscience des besoins de la communauté dans un monde de plus en plus complexe, et à les combler en faisant appel à l’expertise en problèmes sociaux contemporains.
Une façon d’améliorer la qualité des sermons à la mosquée, serait de faire appel à des professionnels, hommes et femmes, experts dans leur domaine, à qui on demanderait d’aider l’imam ou le prêcheur à élaborer et à approfondir un sujet.
De plus, l’expertise que représente la mosquée devrait être facilement accessible et mise au service des membres de la communauté.
Les imams ont l’habitude de fournir une réponse aux problèmes de la communauté sur le mode « décret de fatwas ». Certains participants à l’étude de Karim Karim n’apprécient pas l’approche par laquelle « des réponses simples et même simplistes sont apportées à des situations complexes. Les questions sont souvent réduites, sur le modèle binaire, à ce qui est permis (halal) et à ce qui est défendu (haram).
Plusieurs des questions soumises aux imams requièrent le point de vue et l’expertise de professionnels dans chacun de leur domaine, soit des travailleurs sociaux, des thérapeutes, des avocats, des éducateurs, etc.
Ces propositions vont demander un peu d’audace de la part de la direction de la mosquée ainsi que de ses membres, car une approche concertée est nécessaire à la direction spirituelle et à la gérance de la congrégation.
Cependant, à défaut de prendre des mesures décisives quant au problème de l’imam, nous verrons s’éroder encore davantage l’autorité des dirigeants religieux, et la pertinence des enseignements de l’islam comme solutions aux problèmes contemporains auxquels ont à faire face les musulmans.
Références
Karim, Karim H. 2009. “Changing Perceptions of Islamic Authority among Muslims in Canada, the United States and the United Kingdom.” IRPP Choices 15 (2).
The Ottawa Citizen. 30 avril 2009. Éditorial: “In search of an imam.” Consulté le 12 mai 2009.
http://www.ottawacitizen.com/Life/search+imam/1547486/story.html
Remerciements
Je désire exprimer ma reconnaissance au cercle de lecture de Présence musulmane pour ses suggestions et son aide dans l’élaboration de cet article.
Traduit par Suzanne Touchette






