29 Avril-”Le Pouvoir du Courage” par Shelina Merani
29 Apr | Filed Under Action, Le monde musulman, Opinion | 1 Comment
Le pouvoir du courage fut l’un des sujets à l’ordre du jour de l’atelier intensif organisé récemment à Paris par le réseau Présence musulmane en vue d’amorcer une réflexion sur le dernier livre de Tariq Ramadan : Islam, la réforme radicale, éthique et libération.
Nous avions la chance de profiter de la présence de l’auteur qui nous a expliqué d’entrée de jeu qu’on ne pourra conduire à terme le processus de réforme qu’en se mettant en rapport avec le monde. C’est de cette façon que la réforme trouvera son sens et que nous pourrons répondre ultimement à l’appel de notre Créateur. Le concept de « réforme » ne devrait donc pas être étranger aux musulmans.
L’ouvrage du Tariq Ramadan souligne deux importants problèmes du monde musulman qui entravent tout effort de réforme.
Le premier problème en est un de leadership. Il est rare de voir les savants musulmans débattre ensemble d’un enjeu ou mener une réforme. Ils se satisfont plutôt de discussions dans leur cercle fermé. Plutôt que d’être au service de la communauté, ils en sont les bénéficiaires.
Le deuxième défi vient de ce que les musulmans ne prennent pas leurs responsabilités. N’ayant pas une vision claire de leur avenir, ils ne peuvent ni se réformer, ni réformer leur société; ils ne font que s’adapter et réagir aux événements à mesure qu’ils surviennent. Récepteurs passifs de l’information, ils sont en admiration devant les savants, souvent pour leur seul charisme ou l’émotion qu’ils suscitent dans une foule.
En soulevant ces problèmes, l’occasion était propice pour lancer un appel audacieux aux communautés musulmanes : « Demandez des comptes aux savants et mettez-les au défi de tester le pouvoir du courage. » C’est-à-dire, faites-leur comprendre qu’ils ont besoin de nouveaux outils pour alimenter leur réflexion, pour faire face aux problèmes actuels, pour être à l’écoute de leur communauté et pour faire preuve de créativité dans la recherche de solutions.
À ces propositions, certains groupes répondent : « Sommes-nous prêts? » Cette question est potentiellement dangereuse, parce qu’elle cherche à court-circuiter le processus de la pensée critique dont la réforme a un pressant besoin. L’atmosphère de certaines de nos communautés est devenue tellement bizarre que le simple fait de questionner est perçu comme de l’hérésie.
La Réforme va encore plus loin en affirmant que « cette absence de débat critique serein est un des maux qui paralysent la pensée islamique contemporaine. » Par exemple, lorsque Tariq Ramadan a lancé l’Appel international à un moratoire sur les châtiments corporels, la lapidation et la peine de mort dans le monde musulman, plusieurs savants étaient d’accord, mais un seul d’entre eux a eu le courage de l’exprimer publiquement; la majorité croyait que la communauté n’était pas prête.
La participation à ce séminaire m’a fait comprendre que la pensée critique est essentielle à une réforme personnelle et qu’elle participe aux valeurs et décisions de individu. Les gens ayant une pensée critique posent des questions, ils avancent des réponses qui remettent en question le statu quo, ils questionnent les croyances fondées sur la tradition et ils mettent à l’épreuve les doctrines reçues.
D’après Joel Westheimer de la Chaire de recherche du Canada en éducation et en démocratie de l’Université d’Ottawa, la pensée critique c’est « chercher l’origine d’un problème dans la société et réfléchir à des moyens de le solutionner ». Toutefois, des recherches montrent que cette pensée critique ne fait pas seulement défaut dans la communauté musulmane, mais dans toute la société.
La plupart des universités n’arrivent pas à nourrir la pensée critique. Par exemple, une étude échelonnée sur trois ans et menée auprès de 68 collèges de la Californie, autant publics que privés a révélé que bien qu’une importante majorité (89 %) pense que la pensée critique constitue l’objectif premier de leur éducation, seulement une petite minorité (19 %) pouvait en donner une définition claire.
Une recherche des origines de la pensée critique nous amènera inévitablement à notre Créateur et Maître qui nous y invite. En effet, le Coran exhorte constamment les humains à penser, à méditer, à réfléchir et à questionner les signes de l’univers et les merveilles de leur propre création.
« C’est ainsi que Dieu vous expose clairement ses versets, peut-être comprendrez-vous. »(2 : 242).
« Certes dans tout cela il y a des signes pour des gens qui méditent. » (13 : 3).
J’ai récemment été témoin de la façon dont des musulmans ont tenté de solutionner un problème en faisant preuve d’esprit critique tout en offrant le pouvoir du courage à l’autorité en place.
Au moment de lancer le processus devant mener au choix du nouvel imam pour la mosquée principale d’Ottawa, des jeunes voulaient faire en sorte que le candidat choisi serait natif du pays et qu’il pourrait comprendre le texte et le contexte. Frustrés, les jeunes ont avoué avoir tenté plusieurs fois d’engager le dialogue avec le conseil d’administration de la mosquée. N’ayant pas réussi, ils ont lancé en ligne une pétition qui a recueilli des centaines de signatures.
Malgré tout cela, la mosquée a ignoré la suggestion faite par les jeunes et elle a fait venir d’Égypte un imam âgé de 37 ans pour occuper le poste. Les jeunes étaient tellement frustrés par cette décision qu’ils ont envoyé au Ottawa Citizen un courriel intitulé « Un appel de détresse par une voix ignorée : les jeunes musulmans d’Ottawa. »
Il est déplorable que ce débat ait eu à se retrouver dans les médias pour que les représentants de la mosquée lui portent attention; l’imam se trouve maintenant dans une situation très délicate.
Ceci n’est qu’un cas parmi tant d’autres qui illustre que le chemin de la réforme sera un processus long et ardu qui exigera un engagement personnel ainsi que le pouvoir du courage de la part, à la fois, des savants et des communautés qu’ils desservent.
Traduit par Suzanne Touchette
15 avril-”Rongé par l’avarice, paralysé par la peur” par Muneeb Nasir
15 Apr | Filed Under Spiritualité | Leave a Comment
Les manchettes sont déchaînées : « Anxiété due à l’effondrement », « Anxiété due à la faillite », « Dépression ». La crise financière ronge le monde depuis les dernières semaines. J’ai sous les yeux un grand titre qui saisit bien la nature de cette crise : Rongé par l’avarice, paralysé par la peur.
Cet état de fait dissimule un problème spirituel grave dans le monde industrialisé d’aujourd’hui : une avarice irresponsable et débridée. Un article de journal la décrit comme suit.
« L’avarice a mené aux odieux scandales financiers des entreprises rapportés dans tous les médias; l’avarice a produit un système qui a enrichi les riches avec l’argent substitué aux pauvres; l’avarice est responsable des salaires indécents des directeurs d’entreprise; l’avarice est la cause du stress et de l’impitoyable compétition dans le milieu de travail et également la raison des pressions et des tensions dans nos relations personnelles; l’avarice a mis au jour ces entreprises irresponsables qui ont généré en partie la crise que le monde connaît aujourd’hui; l’avarice provoque des guerres coûteuses qui détruisent des vies. »
Dieu nous met en garde contre les conséquences de l’avarice et de l’excès et nous invite à tirer des leçons des nations qui ont agi ainsi par le passé. « Combien Nous avons anéanti de cités que leur grand train de vie n’a poussées qu’à l’ingratitude et à la rébellion! Voici donc leurs demeures : elles n’ont été habitées après eux que très peu et c’est Nous qui sommes les héritiers. » (Coran 28 : 58)
Le Prophète, paix sur lui, a dit : « Prenez garde à l’avarice, car l’avarice a mené à leur perte ceux qui vous ont précédés. Elle les a conduits à répandre leur sang et à rendre légal ce qui leur était interdit. » (Rapporté par Muslim).
L’excès, l’avarice et l’insouciance sont des plaies qui affligent les sociétés d’abondance. Un des signes de cet état, est la facilité et l’insouciance avec lesquelles les gens contractent des dettes. Les gens vivent au-dessus de leurs moyens; bien qu’ils soient pauvres, ils donnent l’impression d’être riches.
La présente crise est une mise en accusation des failles d’un style de vie fondé sur le crédit. L’éditeur en chef du site Web Beliefnet.com, Steven Waldman, raconte dans un récent article avoir demandé à Dilshad Ali, une de ses éditrices musulmanes, quelle influence sa foi avait sur ses finances. Elle a répondu qu’en raison des mises en garde de l’islam contre l’endettement et le crédit, « nous nous efforçons vraiment de payer nos cartes de crédit à temps et nous évitons le plus possible de contracter des prêts, etc.; ce n’est pas toujours facile, mais ça nous assure une meilleure stabilité financière et nous garde plus vigilants.
Il ajoute qu’historiquement, toutes les religions ont émis des mises en garde contre l’avarice. Non seulement l’avarice faisait-elle partie des sept péchés capitaux, mais elle était souvent perçue comme la source de tous les autres. Pourtant, le désir de combattre l’avarice et l’excès ne fait pas partie de nos priorités spirituelles ces jours-ci. La cause en est que nous nous sommes défaits de nos meilleures armes contre l’avarice que les religions nous avaient fournies.
L’islam nous donne des moyens d’exercer le contrôle et une façon de garder l’équilibre : « Dieu n’aime pas ceux qui se réjouissent (à l’excès).»(Coran 28 :76).
Il nous propose des traitements pour restreindre l’avarice et l’excès par l’expérience de la faim au moment du jeûne, et il nous invite à méditer sérieusement sur la mort et sur la vie après la mort.
Combattre l’anxiété
On dit que la crise financière cause du stress et de l’anxiété. Les experts en science du comportement sont d’avis qu’elle a un effet sur notre psychisme. Le niveau d’anxiété est actuellement élevé.
Le savant musulman originaire d’Andalousie, Imam Ibn Hazm al-Andalusi (384-456 AH, 994-1064 AD), nous a laissé un héritage précieux sur la façon de faire face à l’anxiété et de la dissiper. Il a écrit dans Al-Akhlaq wal Siyar (À la recherche de la vertu) :
«Toutes les nations ont le même but : dissiper l’anxiété – depuis le jour où le
Tout-Puissant a créé l’univers, jusqu’à ce qu’il disparaisse et soit suivi par le Jour du jugement – et toutes leurs actions sont entreprises vers ce seul but.
Ainsi, la seule raison qui fait une personne courir après les richesses est de dissiper l’angoisse de la pauvreté.
La seule raison qui fait une personne rechercher la gloire est de chasser l’anxiété de voir quelqu’un la surpasser. La seule raison qui fait une personne courir après les plaisirs est de dissiper l’anxiété de passer à côté. La seule raison qui fait une personne rechercher la connaissance est de chasser l’anxiété d’ignorer quelque chose.
J’ai commencé à chercher une façon de me défaire de mon anxiété… Je l’ai trouvée en un seul endroit. C’est en me tournant vers Dieu le Tout-Puissant à travers des actes de piété accomplis en vue de l’éternité. Des actions accomplies en vue de l’éternité sont exemptes de toutes fautes, de toutes taches et sont un moyen réel de dissiper l’anxiété. »
L’approche d’un croyant en des temps comme ceux que nous traversons, nous devons nous rappeler de l’approche qu’un croyant devrait adopter face à la vie.
Le brillant savant musulman, Imam Ibn Qayyim Al Jawziyya a écrit dans Al-Wabil al-Sayyib (Ibn Qayyim Al Jawziyya sur l’invocation de Dieu, Société des textes islamiques), que les croyants sont ceux qui lorsqu’ils bénéficient de largesses sont reconnaissants; lorsqu’ils traversent une épreuve sont patients et lorsqu’ils s’égarent demandent pardon. Parce que ces trois états sont les gages de bonheur pour un croyant (sa’adat al abd), et la preuve de sa réussite dans ce monde et dans l’autre.
Le premier état – reconnaissant pour les largesses – garantie d’autres largesses. Une façon de s’attirer des largesses, est de faire preuve de reconnaissance (shukr) de trois façons : en reconnaissant la largesse, en en parlant tout en remerciant, et en en faisant usage d’une façon qui plaira à Celui qui en est le véritable possesseur et distributeur. Voilà la façon de montrer notre gratitude.
Le second état – sur la voie du bonheur – est l’acceptation des épreuves que Dieu nous envoie par notre patience ainsi que par l’endurance pour : ne pas se mettre en colère contre ce qui nous est destiné; éviter de se plaindre; se retenir afin d’éviter de frapper quelqu’un au visage dans un moment de frustration. La patience (sabr) repose sur ces trois supports et le serviteur qui les préserve comme il le devrait verra l’affliction se changer en bienfait, l’épreuve faire place à la facilité et ce qu’il déteste devenir l’objet de son amour.
Le troisième état est celui du pécheur qui, une fois repentant, se tourne vers Dieu et demande son pardon.
Le Prophète, paix sur lui, a dit dans un hadith authentique : « Tout descendant d’Adam est un pécheur, mais les meilleurs des pécheurs sont ceux qui se détournent (du péché) et se repentent (à Dieu). »
Les croyants sont ceux qui lorsqu’ils bénéficient de largesses sont reconnaissants (shukr), lorsqu’ils traversent une épreuve sont patients (sabr) et lorsqu’ils s’égarent demandent pardon (istighfar).
Supportez une cause plus grande que vous
En ces temps changeants, les gens devraient chercher des façons de donner un sens nouveau à leur vie.
L’Imam ibn Hazm al-Andalusi (384-456 AH, 994-1064 AD) a écrit :
« Ne dépensez vos efforts que dans une cause plus noble que votre personne. Une telle cause ne peut se trouver qu’auprès de Dieu le Tout-Puissant : prêcher la vérité, défendre la femme, faire cesser l’humiliation que votre créateur ne vous a pas prescrite, venir en aide aux opprimés. Quiconque s’emploie à rechercher les vanités de ce monde est comparable à celui qui échange des pierres précieuses contre des cailloux. »
Nous devons nous poser la question : « Quelle noble cause puis-je servir? » Au cours du Ramadan dernier on nous a souvent rappelé de contribuer pour nos immeubles et nos institutions. Mais on a invariablement fait appel à des contributions financières.
Cependant, ce qui menace notre communauté ce n’est pas le manque de ressources financières pour bâtir et pour maintenir des mosquées, des centres communautaires ou des écoles. Nous avons démontré que nous en sommes capables.
La menace à laquelle nous avons à faire face maintenant, c’est le manque de ressources humaines, c’est-à-dire le manque de bénévoles et de compétences pour répondre aux besoins de notre communauté et pour remplir nos obligations sociales. Le savant musulman américain, Umar Faruq Abd’Allah, a écrit un article intitulé : « Living Islam with a purpose » (Vivre l’islam avec un objectif en tête), dans lequel il souligne que la rencontre des obligations sociales est l’un des principes opérationnels indispensables à la santé d’une communauté.
Les actes de bénévolat sont rares dans notre communauté, de fait, ils sont presque inexistants. Nous souhaitons offrir des activités à nos enfants et à nos jeunes; nous voulons des programmes éducatifs et des activités sociales, mais la plupart d’entre nous ne sont pas prêts à investir quelques heures de notre temps pour les organiser.
Pendant le mois de Ramadan nous ne devrions pas seulement faire des collectes de fonds, mais aussi des collectes de bénévoles; parce qu’au bout du compte, édifier des murs ça ne sert pas à grand-chose s’il ne s’y passe rien à l’intérieur.
*Traduit de l’anglais par Suzanne Touchette
6 avril-”Lancer un pont sur le fossé de la citoyenneté” par Aicha Lasfar
6 Apr | Filed Under Citoyenneté, Jeunes | Leave a Comment
Moi, une jeune au beau milieu de l’adolescence, je me pose encore beaucoup de questions sur moi-même. Mais une chose dont je suis certaine et qui est indiscutable, c’est ma citoyenneté. Je suis canadienne. Certains pourraient penser qu’en raison de mes origines mixtes (mi-canadiennes, mi-marocaines), le contraire serait plutôt le cas.
Comment peux-tu être aussi sure de ton identité culturelle alors qu’elle est partagée?
Croyez-moi, je me la suis souvent posée cette question avant d’en arriver à une réponse définitive.
C’est donc avec enthousiasme que j’allais participer au Forum sur la citoyenneté et l’identité où je pourrais une fois de plus entendre de vive voix les conseils et les réflexions du professeur Tariq Ramadan.
Le forum était organisé par l’Organisme Communautaire des Services aux Immigrants d’Ottawa (OCISO) en collaboration avec Présence musulmane, le Centre catholique pour immigrants, et Coalition et leadership Ottawa (LASI). La tenue de cet événement a été inspirée par Citoyenneté, identité et sentiment d’appartenance, un projet en cours à Rotterdam auquel participe Tariq Ramadan depuis les trois dernières années.
Le concept de citoyenneté ne m’a jamais personnellement posé de problème puisque je suis née et que j’ai grandi au Canada. C’est plutôt de son aspect philosophique que je débattais avec les autres et avec moi-même.
Certains affirmaient qu’étant donné que mon père est marocain, je devrais naturellement être marocaine, mais ça ne collait pas. Inconsciemment, je revenais aux 3 L dont parle Tariq Ramadan dans sa conférence sur la citoyenneté.
Langue – Nous ne pouvons pas être des citoyens à part entière si nous ne maîtrisons pas la langue du pays que nous habitons.
Loyauté – Un sentiment d’appartenance est essentiel à une pleine citoyenneté. Toutefois, la loyauté ne devrait jamais paralyser notre esprit critique; un engagement, quel qu’il soit, devrait toujours être précédé d’une réflexion sincère.
Loi – Nous devons nous soumettre à la loi du pays. Cependant, nous devons nous assurer que ces lois n’entrent pas en contradiction avec nos valeurs.
Identités multiples
Comment puis-je prétendre être marocaine alors que je ne parle pas la langue, que je ne me reconnais pas dans cette culture et que je n’ai aucune notion de la constitution du Maroc? Bien que je reconnaisse la beauté de mon héritage et que j’en sois fière, je ne peux pas m’identifier à lui parce qu’il ne fait tout simplement pas partie de mon quotidien.
Tariq Ramadan nous a cependant rappelé que les concepts d’identité multiple et de citoyenneté ne sont pas incompatibles. La preuve en a été faite par le passé; on continue et continuera de le constater. Il n’y a pas de mal et rien d’étrange à se sentir à la fois Canadien et Somalien, par exemple. Tout le monde possède des identités multiples; être un véritable citoyen, c’est apprendre à composer avec toutes de façon harmonieuse.
En tant qu’adolescente, j’ai connu plusieurs crises identitaires et j’ai été témoin de plusieurs autres. Les jeunes de la deuxième ou de la troisième génération d’immigrants ont tellement peur d’oublier leur « vrai » citoyenneté : celle du pays d’origine de leurs parents, qu’ils finissent par se couvrir d’une armure pour éviter que cela n’arrrive. De façon consciente ou non, plusieurs d’entre eux développent une mentalité de « Eux, et Nous », mentalité qui est destructrice non seulement à leur endroit, mais à l’endroit de toute la collectivité. Mais la citoyenneté, c’est quoi au juste?
Intégration ou contribution ?
D’après Tariq Ramadan, la citoyenneté ce n’est pas seulement une question de droits de l’individu, mais aussi de sa contribution. Comment pouvons-nous prétendre faire partie d’un système quand nous ne pensons qu’à en tirer les bénéfices et n’avons aucun souci d’y contribuer.
Il ajoute que si nous voulons devenir des citoyens à part entière et reconnus, nous devons cesser de vouloir nous intégrer, mais plutôt nous questionner sur ce que nous avons à apporter à notre environnement. Professeur Ramadan nous invite de plus à réfléchir aux aspects philosophique et psychologique de la citoyenneté.
Penser la citoyenneté en termes étroits d’intégration a pour effet d’élever des murs entre les gens et conduit à nouveau à cette mentalité de « Eux, et Nous ». N’est-il pas vrai que la notion d’intégration laisse entendre qu’un groupe doive oublier son identité passée pour se conformer à celle de l’autre groupe? Il est primordial que les gens comprennent que la citoyenneté est le terrain neutre où se rencontrent toutes les personnes qui vivent dans une même société, qu’ils surmontent cette obsession d’intégration et qu’ils cessent de s’attendre à ce que des personnes renoncent à des éléments de leur identité.
L’égalité dans la diversité
Afin d’abattre ces murs, nous devons introduire le concept d’égalité dans la diversité. La diversité consiste à célébrer la différence de chacun, tandis que l’égalité s’applique plutôt à l’aspect socio-économique. Tariq Ramadan nous rappelle que respecter l’autre c’est plus que le tolérer. Respecter l’autre, c’est apprendre à la connaître et tenter de le comprendre.
Nous ne pouvons simplement prétendre apprécier la diversité culturelle et en même temps refuser à quelqu’un une augmentation de salaire ou la main de notre fille à cause de son origine ethnique.
Médiateurs culturels
Pour en arriver à cette compréhension mutuelle, Tariq Ramadan suggère que nous nous penchions sur le passé historique de l’autre. Plusieurs immigrants démontrent peu d’intérêt envers l’histoire de leur pays d’accueil, et par conséquent il leur manque des éléments pour bien comprendre leurs concitoyens. Mais comment interagir avec sa communauté?
Il nous avise de ne pas trop compter sur nos dirigeants pour aider dans ce domaine car ils ne sont pas toujours conscients des besoins de la communauté. Nous avons besoin de facilitateurs et de médiateurs qui peuvent lancer des ponts, non seulement entre la communauté et ses leaders, mais aussi entre la première et la deuxième génération. Et c’est ici que les jeunes entrent en jeu.
Personnellement j’étais très enthousiaste quand j’ai réalisé que je pouvais servir de médiateur. Je comprends les deux cultures, je peux donc être un agent de rapprochement. Les jeunes de la deuxième génération issus d’une culture unique le peuvent aussi.
Médias
Tariq Ramadan nous invite à rencontrer les médias. Plus souvent qu’autrement, les journalistes nous rapportent des histoires plutôt sombres. Il n’en tient qu’à nous de leur faire connaître nos bons coups. Nous devons nous ouvrir au monde extérieur plutôt que de pourrir dans ce climat de ghetto que nous entretenons nous-mêmes. Nous nous plaignons souvent des médias, nous les diabolisons même. Mais pourquoi ne pas les mettre à notre service? En présentant notre monde aux journalistes, nous le présenterons aussi à nos concitoyens.
Alors que la conférence tirait à sa fin, je me disais que c’était un privilège pour moi d’avoir pu y assister. Les bons conseils de Tariq Ramadan ont suscité des discussions auxquelles j’ai aimé participer. Si je peux exprimer un souhait, c’est que chacune de nos communautés prenne en considération ces conseils et mette en pratique un peu de cette sagesse. Je souhaite également que ce vent de fraîcheur qui porte l’idée de contribution atteigne ces armures dans lesquelles les jeunes, moi y compris, se barricadent parfois, afin que l’on puisse « lancer un pont sur le fossé de la citoyenneté. »
Aicha Lasfar est artiste, activiste et une jeune membre de Présence Musulmane Ottawa
Traduit de l’anglais par Suzanne Touchette
6 avril-”Le monde musulman face à Obama” par Tariq Ramadan
6 Apr | Filed Under Le monde musulman, Obama | Leave a Comment
Dans un récent article, je mettais en évidence le rôle crucial de l’ Union Européenne à l’heure de l’arrivée au pouvoir de Barak Obama aux Etats-Unis. Les pays européens ont effectivement une responsabilité fondamentale quant à l’influence qu’ils peuvent jouer afin de rendre la politique internationale véritablement multipolaire. Si l’on se tourne du côté des pays arabes et asiatiques majoritairement musulmans, on s’aperçoit que la même euphorie règne, une « Obamania » très répandue, qui laisse presque penser que le nouveau « messie américain » est arrivé et qu’il va sans doute régler la majorité des problèmes auxquels font face les différents pays. Outre la naïveté du propos et de l’attente (qui oublie que la politique Etats-Unis est bien autre chose que le symbole d’un homme et de sa couleur de peau), il convient, ici aussi, de reconsidérer les perspectives et d’établir clairement les responsabilités et la nature des espérances.
Dans un récent colloque qui se déroulait à Qatar au sujet des relations entre les Etats-Unis et « le monde islamique », nous étions une centaine de participants à débattre de la complexité, des avantages et des ambigüités de ces relations. Madeleine Albright, Barham Salih (vice premier ministre d’Irak), David Petraeus (ancien commandant des troupes US en Irak) et Anwar Ibrahim (ancien vice premier ministre et chef de l’opposition en Malaisie) ont participé à un important panel durant ces rencontres. On a pu entendre Anwar Ibrahim affirmer avec détermination qu’il fallait cesser cette litanie et ces attentes à propos de Barak Obama et que les sociétés majoritairement musulmanes étaient responsables de mettre de l’ordre dans leurs affaires. Le propos étaient effectivement bienvenu et il importe ici de répéter avec clarté que les sociétés majoritairement musulmanes – des politiques intérieures jusqu’aux conflits locaux (de la Palestine, à l’Irak, à l’Afghanistan ou aux menaces qui pèsent sur l’Iran) – sont les premières responsables de leur destin et qu’il faut cesser, pour les gouvernements comme pour la plupart des peuples, d’endosser en permanence le statut de « victimes ». Les peuples palestiniens, afghans ou irakiens sont bien sûr des victimes de leurs agresseurs mais ils sont aussi les victimes directes ou « collatérales » de la lâcheté et de l’hypocrisie des Etats et des gouvernements des sociétés majoritairement musulmanes.
Au-delà de la crise économique mondiale que nous traversons, ces dernières paraissent bloquées, politiquement, intellectuellement et culturellement. Dictatures, absences de débats pluralistes, déficit de renouveau et créativité sur le plan artistique et culturel (deux ou trois pays font exception), etc. : le tableau est bien sombre. Un grand mouvement de démocratisation réel et profond est nécessaire si l’on veut voir changer l’ordre des choses et assister au réveil d’un nouveau « monde musulman ». Ce mouvement de démocratisation exige d’abord une lutte généralisée contre la corruption qui sévit transversalement dans toutes les sociétés majoritairement musulmanes d’Est en Ouest. Rien ne pourra être espéré, ni réalisé, sans un minimum de transparence qui mette un terme aux passe-droits, au clientélisme, aux commissions illégales, au trafic d’influences, au non respect des institutions, etc. Le monde musulman aujourd’hui est un univers traversé par la corruption la plus tenace : les sempiternels discours sur la référence et l’éthique islamiques sont accompagnés des pratiques les plus hypocrites.
Il importe donc de voir se réveiller les sociétés civiles du monde musulman. Les peuples, et les intellectuels, ne peuvent pas rester ainsi passifs et rendre à leur tour seuls responsables de leur situation les Etats et les dictatures. Que celles-ci existent et que les peuples en soient victimes, cela ne fait pas l’ombre d’un doute mais cela ne peut justifier l’entretien d’une pensée victimaire qui justifierait l’inaction. La mise sur pied de cercles de débats populaires et les actions concertées de citoyens et d’organisations peuvent faire évoluer les choses. Le cas échéant des mouvements non violents de résistance de la société civile sont des moyens qui, par leur caractère de masse, peuvent ébranler les dictateurs en place : on ne voit rien de tout cela aujourd’hui. A travers le monde, de l’Amérique du Sud à l’Afrique et à l’Asie, le joug des dictatures a été secoué à l’exception notoire des pays arabes où les dirigeants sont encore « démocratiquement » élus à vie depuis des décennies.
L’exigence de l’Etat de droit et des élections libres et transparentes sont les troisième et quatrième conditions du processus qui doit être enclenché dans ces sociétés. Les modèles des systèmes politiques dépendent des histoires respectives, de la culture et de la psychologie collective mais les principes sont inaliénables : la régulation par le droit et le suffrage universel sont les seuls moyens pour permettre aux sociétés de sortir de leur impasse politique. Il faut dire et répéter que ces principes ne s’opposent en rien à la référence islamique : ceux qui affirment cela instrumentalisent la religion pour justifier, d’une façon ou d’une autre, la monopolisation du pouvoir ou de son opposition. La critique de ces postures, opposées en apparence mais objectivement alliées de fait, doit être radicale.
Parler de l’Etat de droit, du suffrage universel et de la société civile c’est bien sûr exiger, comme une conséquence, deux autres conditions (les cinquième et sixième), le statut égalitaire des citoyens (quelles que soient leurs croyances) d’une part, et la participation pleine et entière des femmes au processus de démocratisation. Il est urgent que les sociétés musulmanes, les acteurs politiques et les intellectuel(le)s clarifient leur position sur ces questions et déterminent clairement le droit des « minorités » et mettent en branle un processus d’émancipation des femmes au cœur du mouvement de libération des sociétés musulmanes. Contrairement à ce qu’affirment les opposants à ce processus, il ne s’agit pas d’ « occidentalisation » mais d’une réconciliation nécessaire de la pensée musulmane avec ses propres principes d’égalité des individus et des droits inaliénables des femmes à la participation à la vie sociale. Face aux esprits les plus conservateurs ou dogmatiques, c’est donc au nom, et non pas contre la référence islamique, que l’on devrait être en droit d’attendre une réforme générale du statut des femmes dans les sociétés majoritairement islamiques.
La septième et dernière condition consiste à demander des comptes aux élus du peuple, des parlementaires aux premiers ministres et aux présidents (ou aux rois). Leurs gestions des affaires doivent être soumises à un contrôle indépendant et transparent qui seul garantit le bon fonctionnement des institutions et la bonne gouvernance. Nous en sommes bien loin aujourd’hui et l’arrivée ou non d’Obama au pouvoir ne changera rien. Le « monde islamique » le blâmera sans doute bientôt de rester trop « américain » et de suivre encore et toujours une politique des intérêts « prédateurs » de son pays. On ne pourra s’empêcher d’en vouloir aux sociétés majoritairement islamiques, et notamment les pays arabes, de rester semblables à elles-mêmes et de nous offrir, encore et toujours, le spectacle de la dictature, de la corruption et de la résignation.
2 avril-”Vivre le message au quotidien” par Muneeb Nasir
2 Apr | Filed Under Spiritualité | 2 Comments
En ce mois de Rabi Awwal, reconnu par la plupart comme le mois de la naissance du Prophète, paix sur lui, les musulmans pensent à lui. Ils se souviennent, ils font l’éloge et racontent l’histoire de ce grand Prophète et Messager de Dieu qui influence leur vie quotidienne et dont ils tentent de suivre l’exemple. Au cours des siècles, des millions de personnes ont vénéré le Prophète, paix sur lui, et dépeint sa grandeur. Nous faisons partie des dizaines de millions de personnes qui croient à Dieu, qui chantent ses louanges, sa gloire et sa majesté; et c’est grâce à Mohammed, le bien aimé Prophète et Messager que nous avons appris à connaître le Tout-Puissant. En tant que musulmans, nous sommes chaque jour mis au défi d’imiter sa façon de faire.
La façon de faire du Prophète n’était pas celle des rois, des dirigeants, des politiciens ou des commandants militaires. Il faisait passer le réel et le permanent avant l’éphémère et le transitoire, le spirituel avant le matériel, la morale et l’éthique avant la poursuite de gains faciles et de résultats rapides. Il ne recherchait pas la gloire de ce monde, mais se consacrait plutôt à une humble dévotion envers Dieu et au service de l’humanité.
Nous sommes souvent portés à parler du Prophète en termes de ses accomplissements et de ses divers rôles. Mais ses rôles ne sont pas la première raison de son influence sur le monde. Lamartine, un historien français, a écrit un essai souvent cité dans lequel il décrit le Prophète et l’influence qu’il a exercée sur le monde : «Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois. Ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes… sa tolérance dans la victoire, son ambition totalement vouée à une idée et d’aucune façon au service d’un empire, ses prières incessantes, ses entretiens mystiques avec Dieu, sa mort et ses triomphes au-delà de celle-ci; tout cela ne relève pas de l’imposture, mais plutôt d’une conviction profonde qui lui a donné le pouvoir de restaurer un dogme. »
(Lamartine, HISTOIRE DE LA TURQUIE, Paris, 1854, Vol. II, pp. 276-277).
Lamartine a reconnu que le pouvoir du Prophète et de ses compagnons ainsi que le caractère révolutionnaire de son message prenaient leur source dans le caractère et la personnalité de ce grand personnage. En effet, les sources islamiques décrivent souvent le Prophète par ses traits de caractère : le « meilleur exemple » ; « caractère exceptionnel » ; miséricorde pour « l’humanité » ; « annonciateur de bonnes nouvelles ».
La fibre de la miséricorde en action tissait la vie du Prophète et elle était l’un des facteurs de son influence sur ceux qui le côtoyaient. La loyauté et l’amour que lui portaient ses compagnons, et le respect qu’il inspirait à ses ennemis étaient le fruit d’une telle magnanimité.
Mohammed déversait sa miséricorde et sa bonté sur tout son entourage : il partageait les jeux des enfants, faisait preuve d’humour avec les adultes et il donnait même des surnoms affectueux à ses compagnons. Il rendait visite aux malades, il s’inquiétait du sort de ses voisins, de ses amis et des ses compagnons, et même de ceux qui ne croyait pas à sa mission. Il partageait tout avec ses disciples, même leur pauvreté. Il était toujours prêt à pardonner, ne réprimandant que rarement ceux qui lui désobéissaient. Aussi, les effets de sa miséricorde ne se limitaient pas à ceux qui croyaient en lui.
À l’image du Prophète, les musulmans se doivent de faire preuve de miséricorde, de bonté, et d’entraide envers tous, peu importe qui ils sont. Ils ne doivent pas souhaiter de mal à qui que ce soit, ni se réjouir des difficultés qu’ils pourraient rencontrer. Le Prophète a dit : «Soyez miséricordieux envers les autres et Dieu le sera envers vous. Soyez miséricordieux envers les habitants de la terre et Celui qui est dans les cieux le sera envers vous. » Sa femme Aïcha rapporte qu’il a déjà dit : « Soyez bons, car la bonté embellit tout ce qu’elle touche ; en son absence, tout devient terne. »
En ces temps présents, nous avons besoin de démontrer davantage de miséricorde et de bonté dans nos relations avec les autres. Le 25 février 2009, le révérend David Giuliano, animateur à l’Église Unie, s’est adressé aux Canadiens dans une lettre ouverte par la quelle il les invite à faire preuve de générosité en ces temps économiquement difficiles.
« Nous vivons dans l’incertitude, dans l’anxiété, avec de grandes tensions qui fragilisent les liens interpersonnels, grugent la santé physique et psychologique et accentuent les problèmes sociaux. Les dettes sont en hausse. Les épargnes fondent. Les queues aux banques alimentaires et aux refuges ne cessent de s’allonger. Pour traverser ces temps difficiles, les gens devront adopter un style de vie plus simple, ils devront s’élever au-dessus du matérialisme à tout crin et faire preuve entre eux de bonté et de compassion. »
Les paroles du révérend Giuliano arrivent à point et devront être prises au sérieux par les Canadiens qui se débattent avec les pénibles événements provoqués par une forte récession.
Des actes de bonté ont le pouvoir de transformer les cœurs et les esprits. Je suis tombé sur cette lettre parue dans le Montreal Gazette et écrite par une personne dont la vie a été marquée par la bonté d’un parfait étranger :
Il y a un peu plus de dix ans, juste après avoir reçu un diagnostic de cancer, ma femme et moi avons aménagé dans une nouvelle résidence. À mesure que la nouvelle de ma maladie se répandait, les appels des amis se faisaient de plus en plus rares, puis ils ont cessé. Certains offraient leur aide, mais ne donnaient pas suite. D’autres s’excusaient et ne venaient plus. C’était difficile, mais nous comprenions : le cancer fait peur.
Un matin, notre nouveau voisin est venu frapper à la porte et il a demandé à ma femme dans un français hésitant : « Votre mari est malade? » Quand ma femme lui a répondu que c’était le cas, il a répondu : « Ne vous inquiétez de rien, je suis votre frère, je suis là pour vous aider. » En effet, à tous les jours au cours des douze semaines suivantes, cet homme, qui travaillait de nuit, m’a conduit à mes traitements, mes examens, etc. De plus, il amenait ma femme faire ses courses et attendait qu’elle ait terminé pour la ramener à la maison.
L’espace me manque pour décrire les bons gestes de ce parfait étranger que le destin a conduit à ma porte : un immigrant musulman d’un pays arabe.
Merci
Raymond Clarke (Le bon Samaritain, version moderne. The Gazette, 27 février 2009).
Ce musulman a mis en pratique les valeurs de sa religion. Les défis de notre époque nous appellent à vivre selon nos valeurs et nos principes non seulement en des temps favorables, mais en toute circonstances. Honorer le Prophète implique de vivre selon son message quotidiennement et pas seulement une fois par année; de le vivre en tout temps; de célébrer ses louanges oui, mais tout en démontrant notre fidélité à son message.
Puisse Dieu emplir nos cœurs de son amour et de l’amour envers nos semblables. Puisse Dieu toujours faire de nous des instruments de sa miséricorde et nous faire don de sa miséricorde et de son pardon le jour où nous en aurons besoin.
Extrait du sermon du vendredi livré à l’Université de Toronto, le 13 mars 2009.






